Wednesday, August 11, 2010

MBONJI EDJENGUELE of The UNIVERSITY OF YAOOUNDE 1

L'ETHNO-ANTHROPOLOGUE

 
MBONJI Edjenguele est ethno-anthropologue. Apres une carrière de chercheur à L’Institut des Sciences Humaines, il est actuellement enseignant au Département de Sociologie et Anthropologie de la Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines (Université de Yaoundé I) ou il a obtenu la première licence et le premier doctorat 3eme cycle en Anthropologie délivrés a la section Sociologie du Département de Philosophie- Sociologie de l’époque. Par la suite, il soutient un Doctorat d’Etat es Lettres et Science Humaines a L’Université Paris VII- UFR Anthropologie-Ethnologie- Sciences de Religions.

Auteur de nombreuses réflexions sur le développement, les interfaces et identités culturelles, les systèmes thérapeutiques négro-africains et l’anthropologie théorique, il participe ici au débat dans le champ de l’anthropologie religieuse en proposant de revisiter les relations morts et vivants en Afrique sur fond de réciprocité équilibrante et de vie pleine conjuguées a une exigence de savoir et de vertu.

Morts Et Vivants En Negro-Culture. Culte ou Entraide?



Malgré les affirmations de l’orthodoxie et de la culture idéale, toutes les sociétés humaines, sans exception, font une place importante a leurs morts directement ou indirectement intégrés a l’univers de vie. Des sarcophages pharaoniques aux momies tibétaines, des cendres du Panthéon a la Fête des morts en novembre, de la croyance aux zombis a celle des morts qui dansent et parlent dans les sociétés du Golf du Benin, de la Case des Cranes aux procédures de vengeance personnelle du mort chez les Sawa- Duala, les morts sont évoqués et convoqués. Est-on pour autant fonder à parler de culte des morts?

En negro-culture, ils ne sont ni défunts, ni âmes sommées de reposer en paix, ni poussière retournant à la poussière. iIs étaient, sont et seront, ici et la, ici ou la partout, présents, absents, contents, malheureux, affamés, assoiffes ou combles. Parmi nous, avec nous, et parfois, aussi contre nous; surtout lorsqu’ils sont exclus, expulses de notre jeu de vivre.

Les morts ne sont peut-être pas morts, mais a force de les nier, de les congeler a la morgue et de les enfermer dans de tombes en béton armé, nous finirons bien par les tuer, et nous avec.

Dead and ALive In Negro Culture. Cult or Mutual Support?

Professor Mbonji Edjenguele, lecturer at the University of Yaounde 1 in Yaounde (Cameroon) believe in what follows.




Despite the claims of orthodoxy and the ideal culture, all human societies, without exception, pay heed to their dead directly or indirectly involved in universal life. From the Pharaonic sarcophagi to the Tibetan mummies, the ashes of the Pantheon to the Day of the Dead in November, the belief in zombies to those of the dead who dance and speak in secret societies of the Gulf of Benin, the secret house of skulls to the procedures for personal revenge of dead in Sawa-Duala, the dead are evoked and called up. Does that mean we are abiding to talk about worshiping of the dead?

In Negro culture, they are neither dead nor summoned souls to rest in peace where there are in, nor dust returning to dust. They were, are and will be, here and here or anywhere, present, absent, happy, unhappy, hungry, thirsty or contented. Among us, with us, and sometimes also against us, especially when they are excluded, deported from our game live.

The dead are not dead, perhaps, but by remaining in the state of denial about their presence, freezing them to the morgue and putting them in concrete tombs, we will ultimately kill them along with us included.

WHO IS PROFESSOR MBONJI EDJENGUELE ?


Professor MBONJI EDJENGUELE is an ethno-anthropologist. After a career as a researcher at the Institute of Human Sciences, he currently teaches in the Department of Sociology and Anthropology at the Faculty of Arts, Humanities and Social Sciences of University of Yaoundé I where he obtained the first BS and the first PhD in Anthropology issued by the Sociology Section of the Department of Philosophy and Sociology. Subsequently, he obtained a PhD in Literature and Humanities at the University of Paris VII, UFR Sciences-Anthropology-Ethnology of Religion.

He authored numerous reflections on the development, interfaces, and cultural identities, the Black and African therapeutic systems and theoretical anthropology, he participated in the debate in the field of religious anthropology by proposing to revisit the relationship between dead and alive in Africa under a reciprocal background by balancing full life together with a requirement of the understanding of knowledge and virtue.

QUI EST LE PROFESSEUR MBONJI EDJENGUELE

Le professeur MBONJI Edjenguele est anthropologue, chef du Département d’ Anthropologie a l’Université de Yaounde I, membre de l’Association Panafricaine de l’Anthropologie du Changement Social et du Développement, membre de L’international Commission on the Anthropology of Food, membre du Réseau Cultur’ AC, membre du Conseil International des Musées Africains, Directeur de Laboratoire d’Ethnologie et d’Anthropologie Africaines Appliquées, et Chef Traditionnel. Il est l’auteur de nombreuses publications sur l’anthropologie, le développement, les identités culturelles, les religions africaines et le patrimoine culturel immatériel...

Santé, Maladies et Médecine Africaine, Plaidoyer pour l’autre Tradipratique


Quatre-vingt pour cent (80%) d’Africains recourent quotidiennement à la médecine traditionnelle pour leurs problèmes de santé. Qu’est-ce qui est réellement faire pour une prise en compte maximale de cette médicine? Par qui et comment cela est-il fait?

Consacrée a la médicine traditionnelle africaine dite tradipratique, notre réflexion entend s’interroger en profondeur sur le sort réservé a cette médicine, tout au moins a certaines de ses composantes, dans les choix thérapeutiques des Africains et les initiatives privées, les organismes nationaux et internationaux en charge de la santé des populations. Ici, et/out la, fascines par les atours et les exploits de la médecine conventionnelle, nombreux sont les bien-pensants ne voyant l’avenir de la tradipratique que dans sa transformation sur le modèle occidental, transformation devant aboutir a la production des Médicaments Traditionnels Améliorés, voire des tablettes, des gélules, de comprimes, sirops, pommades et produits injectables, a l’image de ce qui se vend en pharmacie.

Or, pensons- nous, la réduction de la médecine traditionnelle africaine au parangon uni-organique et pharmacologique biomédicale est simplificatrice; la tradipratique africaine est complexe: matérielle et spirituelle, physique et métaphysique, profane et sacrée, magique et religieuse, médicamenteuse et rituelle, généraliste et spécialisée, directe, proximale, présentielle et biaisée, télé-active, éminemment préventive et normative. Parce que globale, holistique, intégrant l’organe dans le corps total, le patient dans sa famille, sa famille dans la communauté, et la communauté dans la nature, ses nosologies débordent la définition de la santé et de la maladie proposes par l’Organisation mondiale de la santé, pour inclure le physique et l’extra-physique et l’extra-physique, l’individuel et le groupal. Conséquemment, ses thérapies apparaissent en une logique relationnelle articulant le physique au métaphysique, l’humain à l’extra-humain et au cosmos. D’une certain manière, la médecine traditionnelle africaine est sous-tendue par un humanisme élastique, plastique, une ontologie extensible jusqu’ aux limites du divin, c’est à dire a la conception d’un homme perfectible, modulable et dont les capacités décuplés autorisent de performances hors du commun: crypto-communication, blindage, contre-sorcellerie, contre-accident, contre-poison, contre-vol, contre-couteau, contre-repas, et rapport sexuels en rêve, sans oublier le maintien de la virilité des octogénaires, le choix du sexe d’un bébé, la maitrise de la foudre et de la pluie… N’en voilà- t-il pas assez pour mériter autre chose qu’un ricanement méprisant et un silence hypocrite ?

HEALTH AND DISEASE

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